Alexandre AGUADO (1784-1842)
Alexandre Aguado fut officier dans l'armée espagnole. En 1808, il entra dans l'armée française, servit comme aide de camp du maréchal Soult, devient colonel au Ier régiment de lanciers et membre de la garde de Joseph Bonaparte.
Exilé en 1815, il se lance dans les affaires à Paris. Il utilise les relations de sa famille à Cadix, la Havane ou au Mexique pour vendre des produits exotiques de luxe. Il amasse rapidement une fortune importante et il crée une maison de banque.
Aguado devient le banquier attitré de la couronne. Ferdinand VII le fait marquis et lui accorde d'importantes concessions minières en Espagne.
En 1828, il est naturalisé français. Il possède de nombreuses propriétés en France, notamment le vignoble bordelais Château Margaux.
C'est en 1829 qu'il acquit l'hôtel du 6, rue Drouot.
Etant grand amateur d'Opéra, il arrête de diriger sa banque pour s'y consacrer. Il fut associé commanditaire dans l'exploitation de l'Opéra de Paris sous le directorat du docteur Louis Véron.
Ami et protecteur du compositeur Gioacchino Rossini, il était également mécène d'hommes de lettres. Balzac prit Aguado comme modèle pour le baron de Nucingen, personnage de la comédie humaine.
Il fut l'un des plus grands collectionneurs de peinture de son époque. Sa collection comportait plus de 500 tableaux, principalement des écoles espagnole et italienne, dont 17 Vélasquez, 59 Murillo, des œuvres du Tintoret, de Rubens, de Ribera, dont certains étaient faux.
Il décède lors d'un voyage en Espagne en 1842, son corps est rapatrié en France et il est inhumé au Père-Lachaise.
Le marquis d'Aguado laisse une fortune considérable, estimée à 60 millions de francs. Il fut le principal concurrent de James de Rothschild, qui s'exclama après son décès : « Ce pauvre Aguado, je le croyais plus à son aise ! »
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